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Vendredi 5 mars 2010, belle journée fraîche et ensoleillée, nous sommes au Vigean près de Mauriac et Vladimir Tilmant Tatischeff s'apprête à accueillir Marielle de Sarnez, député européen du MoDem, Michel Fanget, tête de liste régionale et Michel Fabre, tête de liste départementale d'Auvergne Démocrate Ecologie.
Nous sommes chez Mr Serge Rodier agriculteur producteur de lait et de génisse grasse. Celui-ci envisage d’arrêter cette deuxième activité car il perd de l'argent. En effet la génisse est vendu 30% moins cher qu'il y a 30 ans. Mr Rodier souhaite s'en sortir avec le lait, mais il perd espoir car il vend 27 cent le litre de lait alors que celui-ci lui coûte 30 cent à produire. L'AOC devrait lui permettre d'obtenir une prime de 12 cent au litre mais, cette prime ne lui a toujours pas été versée. Le niveau de cette prime est très bas par rapport à celle versée pour les AOC Beaufort et Reblochon qui est de 70 cent le litre. La conversion de la production en Bio aurait pu être une solution, mais en attendant il lui faudrait investir, et le lait ne pourra pas lui être payé plus cher durant cette période de transition. L'exploitation est menacée. Marielle de Sarnez entend cette souffrance. Elle évoque la possibilité, pour la région, de soutenir la mise en place de filières courtes et cohérentes qui permettraient de valoriser la production en la transformant sur place. De plus en tant que députée Européenne, elle a toujours soutenu les quotas afin de maintenir les prix des marchés. Elle précise que le dérèglement décidé par l'ex commissaire européen en charge de l'agriculture, Fischer Boel, et soutenu par le PPE (UMP pour l'Europe) est une "grave erreur". Celle-ci entraine de grosses disparités entre certaines régions de l'europe ou l'on a des usines à lait et les zones de montagne.
A midi nous sommes à Salers. Monsieur Jean Maltcheff nous accueille dans sa mairie et nous emmène, accompagnés d'un guide, visiter son beau village riche
en Histoire et en architecture. Le guide est passionnant, il nous transporte à travers le temps et l'Auvergne à la rencontre de ce passé riche en rebondissements.

Nous prenons, ensuite, un repas composé de produits du terroir d'excellente qualité, avant de rejoindre la coopérative laitière de Saint Bonnet de
Salers, où nous attend son président Monsieur Daniel Fruquière. Cette petite entreprise regroupe 20 agriculteurs du Pays de Salers, et valorise leur production de lait en fabricant des
fromages d'AOC Cantal. Voilà une forme de filière courte à valeur ajoutée qui permet d'améliorer la rentabilité d'un produit. Mais cette coopérative a connu, il y a quelque temps, des
difficultés. Elle dépend maintenant d'une plus grosse entité qui reprend une partie de sa production. Des fonds sont nécessaires pour reprendre un peu d'indépendance et pour améliorer les
bâtiments, Marielle de Sarnez intervient: c'est l'Europe qui pourrait aider la communauté de communes à soutenir ces producteurs. A 3 kilomètres de là nous rendons visite à un ceux-ci, il élève
des vaches de race Salers, de belles vaches rouges avec des cornes en lyre. Elles ont une autre particularité, elles ne produisent du lait que lorsqu'elles ont un veau, et celui-ci doit être
attaché à sa mère pour qu'elle donne son lait. La traite n'en est que plus délicate, mais le fromage fait à partir de ce lait est riche en parfum et en goût et constitue une explosion de saveurs
locales.
A 17H00 nous rejoignons Aurillac avec Marielle de Sarnez et nous changeons de monde. Nous découvrons la SAMP (Société Aurillacoise de Mécanique de Précision). Cette société est spécialisée dans la conception et la réalisation de moules d’injection plastique et accessoirement de pièces mécaniques. Elle évolue dans un secteur concurrentiel dont l’environnement s’est gravement détérioré en raison de la forte récession provoquée chez les moulistes par la récente crise financière.
Cette Société, de par sa structure juridique de Société Coopérative de Production (SCOP) a su faire face aux difficultés. Elle a su notamment mettre au centre de ses préoccupations trois éléments essentiels qui lui ont permis de traverser mieux que l’ensemble de ses concurrents les difficultés actuelles en préservant la totalité de son effectif constitué de onze salariés:
La formation des hommes en privilégiant la polyvalence, l’acquisition de nouvelles compétences techniques propres à intégrer les innovations technologiques
L’adaptation constante de l’outil de production par la mise en œuvre d’une stratégie d’investissements matériels importants, réguliers et innovants.
Le service client et ce notamment en créant les conditions indispensables à une véritable proximité qui, si elle n’est pas toujours géographique, permet de réduire les délais et d’assurer une qualité tendant vers l’excellence.
Son positionnement et sa structure atypiques ont permis à la SCOP SAMP non seulement de conserver ses marchés, mais aussi d’augmenter son réseau de clientèle ce qui lui a permis tout récemment d’avoir une première commande à l’exportation.
Marielle De Sarnez est très intéressée par cette visite, en effet, cette forme de Société, majoritairement propriété de ses salariés où l’essentiel des bénéfices réalisés sont obligatoirement mis en réserves non distribuables, constitue une réponse pertinente au problème de développement économique de nos territoires. Ces réserves, souvent défiscalisées, permettent notamment d’inscrire les SCOP dans le développement durable par la formation des hommes et l’adaptation de l’outil aux évolutions technologiques. Cette forme de société constitue un plus indéniable vers la pérennisation de l’activité et des emplois. Les SCOP ne sont ni opéables, ni délocalisables. Les SCOP investissent donc durablement dans l’économie réelle.
A 18h00 après une journée riche en rencontres et réflexions concernant le devenir de l’Homme et de son environnement, Marielle De Sarnez repars, avec une meilleure connaissance des spécificités du Cantal. En souvenir de cette visite, les candidats de la liste Auvergne Démocrate Ecologie lui ont offert un buffadou, objet traditionnel servant à attiser le feu.
Loïc Masson et Danièle Arpaillanges.
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